Une étude montre la propagation croissante de bactéries et de champignons résistants

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Le succès de la médecine moderne repose sur sa capacité à contrôler les infections. Mais des décennies de surutilisation des antibiotiques – dans les hôpitaux, les communautés et dans les fermes – ont conduit à une augmentation mondiale des microbes résistants aux médicaments. Ces « superbactéries » prospèrent là où les antibiotiques sont utilisés librement et mal réglementés, se propageant silencieusement parmi les humains, les animaux…

Une étude montre la propagation croissante de bactéries et de champignons résistants

Le succès de la médecine moderne repose sur sa capacité à contrôler les infections. Mais des décennies de surutilisation des antibiotiques – dans les hôpitaux, les communautés et dans les fermes – ont conduit à une augmentation mondiale des microbes résistants aux médicaments. Ces « supermicrobes » prospèrent là où les antibiotiques sont librement utilisés et mal réglementés, se propageant silencieusement parmi les humains, les animaux et l’environnement. La surveillance internationale a révélé des différences significatives entre les pays, reflétant les différences dans les politiques pharmaceutiques et les systèmes de santé. Dans les régions en développement, la faiblesse de la surveillance et la vente d’antibiotiques en vente libre ont aggravé la crise. Ces défis ont amené les chercheurs à se pencher sur une question urgente : comment le monde peut-il freiner la résistance aux antimicrobiens (RAM) avant de dépasser la médecine moderne ?

Une équipe de recherche de l'Université de Jilin et du Peking Union Medical College Hospital a publié une revue complète (DOI : 10.12290/xhyxzz.2025-0704).Journal médical de l'hôpital du Collège médical de l'Union de Pékin(septembre 2025). L'étude intègre des données de surveillance mondiales et des informations cliniques pour cartographier la propagation des bactéries et des champignons résistants. En révélant les mécanismes moléculaires et les défis thérapeutiques de la RAM, il fournit une base scientifique pour une action mondiale et montre comment l’utilisation stratégique des antibiotiques pourrait ralentir la propagation de la résistance.

Les auteurs ont examiné les données de programmes de surveillance internationaux tels que CARS, SENTRY et One Health Trust-ResistanceMap et ont découvert des disparités mondiales frappantes.Escherichia coliEtKlebsiella pneumoniaerestent les coupables les plus courants, avec des souches productrices de β-lactamase répandues en Asie et des variantes résistantes aux carbapénèmes en augmentation en Europe et dans les Amériques. Le tristement célèbreAcinetobacter baumanniiEtPseudomonas aeruginosasont particulièrement difficiles à traiter et présentent dans certaines régions des niveaux de résistance supérieurs à 70 %. En revanche, l’Europe du Nord rapporte des taux à un chiffre, ce qui suggère une gestion efficace.

Quant aux champignons,Candida auriss'est avéré être un agent pathogène presque résistant à la poêleAspergillus fumigatusUne résistance aux azoles se développe, en partie à cause de l'utilisation de fongicides agricoles. La revue examine les voies génétiques, telles que l'expansion des β-lactamases, l'évolution des carbapénémases et la surexpression de la pompe d'efflux, qui sont à l'origine de ces menaces. En réponse, les auteurs recommandent un traitement individualisé guidé par des données pharmacocinétiques et pharmacodynamiques, y compris l'utilisation d'inhibiteurs de β-lactamase, de tigécycline et d'associations à base de polymyxine. Leur message est clair : les prescriptions intelligentes et la collaboration mondiale sont tout aussi importantes que les nouveaux médicaments pour lutter contre la résistance.

La RAM représente une pandémie à évolution lente. Nos recherches montrent que les modèles de résistance changent constamment et sont influencés par le comportement humain, les systèmes de santé et les facteurs environnementaux. Aucun pays ne peut mener ce combat seul. Ce qu’il faut, c’est une stratégie uniforme One Health qui combine la médecine, l’agriculture et l’écologie. Ce n’est qu’en renforçant la surveillance, en optimisant l’utilisation des antibiotiques et en encourageant l’innovation que nous pourrons éviter un avenir dans lequel les infections courantes redeviendront mortelles.

M. Xuesong Xu, auteur important de l'étude

Les résultats soulignent une vérité centrale : la RAM n’est pas seulement un problème médical, mais un défi systémique mondial. Les auteurs appellent à une surveillance internationale coordonnée, à des contrôles de prescription plus stricts et à une utilisation responsable des antibiotiques en agriculture. Les hôpitaux doivent tirer parti des diagnostics génomiques et des systèmes de décision basés sur l’IA pour personnaliser les thérapies en temps réel. Les investissements dans les antimicrobiens de nouvelle génération et les inhibiteurs de β-lactamase sont tout aussi urgents. Au-delà des médicaments, l’éducation et la réforme des politiques sont essentielles au maintien de l’efficacité des traitements existants. Si la coopération mondiale réussit, la vague de résistance pourra être inversée et les fondements de la médecine moderne pourront être assurés pour les générations futures.


Sources :

Journal reference:

XU Xuesong et WANG Yao. (2025) Statut mondial de la résistance aux antimicrobiens et stratégies thérapeutiques correspondantes. Journal médical de l'hôpital du Collège médical de l'Union de Pékin. DOI : 10.12290/xhyxzz.2025-0704.  https://xhyxzz.pumch.cn/article/doi/10.12290/xhyxzz.2025-0704