Une revue montre que l'orthorexie mentale est étroitement liée au perfectionnisme et au trouble obsessionnel-compulsif
Un aperçu de la revue montre à quel point les symptômes de l'orthorexie mentale sont fréquemment signalés dans les études et pourquoi les outils de diagnostic incohérents continuent de brouiller la compréhension de ce trouble émergent lié à l'alimentation. Dans une revue récente publiée dans la revue Current Nutrition Reports, les chercheurs ont synthétisé les données de méta-analyses précédentes pour résumer les estimations de prévalence rapportées et identifier les corrélats psychologiques de l'orthorexie mentale (ON). Malgré …
Une revue montre que l'orthorexie mentale est étroitement liée au perfectionnisme et au trouble obsessionnel-compulsif
Un aperçu de la revue montre à quel point les symptômes de l'orthorexie mentale sont fréquemment signalés dans les études et pourquoi les outils de diagnostic incohérents continuent de brouiller la compréhension de ce trouble émergent lié à l'alimentation.
Dans une revue récente publiée dans la revueRapports nutritionnels actuelsLes chercheurs ont synthétisé les données de méta-analyses précédentes pour résumer les estimations de prévalence rapportées et identifier les corrélats psychologiques de l'orthorexie mentale (ON). Malgré une prise de conscience et une reconnaissance croissantes dans la littérature scientifique, l’ON reste méconnue dans les principaux systèmes de diagnostic psychiatrique.
Les résultats de l'étude ont révélé que, bien que les estimations de prévalence varient considérablement (environ 27,5 pour cent), l'ON est significativement liée au perfectionnisme, au comportement compulsif compulsif et aux symptômes des troubles de l'alimentation. La revue souligne également que, bien qu'un nombre croissant de publications tentent d'élucider l'ON, des outils de diagnostic incohérents limitent actuellement la puissance des preuves existantes.
Définition de l'orthorexie mentale et ses effets
L'orthorexie mentale (ON) est un terme émergent qui fait référence à une obsession d'une alimentation saine accompagnée de comportements restrictifs. Paradoxalement, cette tentative d’atteindre une santé optimale grâce à la pleine conscience de son alimentation est de plus en plus associée à la malnutrition, à la perte des relations et à une qualité de vie réduite.
L'ON est désormais reconnue comme distincte de l'orthorexie saine, reflétant un intérêt non pathologique pour la nutrition. Alors que les troubles de l'alimentation traditionnels tels que l'anorexie mentale se concentrent sur le contrôle de la quantité et du poids des aliments, l'ON se caractérise par une fixation sur la qualité et la pureté des aliments. Les individus peuvent éviter strictement les aliments qu’ils considèrent comme impurs, comme le sucre, les produits laitiers ou les produits non biologiques, ce qui conduit à la malnutrition et à l’isolement social.
Malgré ces méfaits documentés et l’augmentation des symptômes signalés dans des études récentes, l’ON n’est pas officiellement reconnu dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), ce qui rend l’identification clinique et le traitement difficiles.
Objectif et portée de l’examen général
Cette revue complète, définie comme une synthèse des méta-analyses existantes, visait à combler cette lacune en clarifiant la prévalence mondiale des symptômes de l'ON et en identifiant les caractéristiques psychologiques qui les déclenchent.
Les publications éligibles ont été identifiées grâce à des recherches systématiques dans PubMed, Google Scholar et Scopus depuis la création de la base de données jusqu'au 31 juillet 2025. En examinant les titres, les résumés et les textes intégraux, 62 publications candidates ont été réduites à cinq méta-analyses significatives à inclure. Ces analyses comprenaient de vastes ensembles de données, notamment une méta-analyse basée sur les données de plus de 30 000 personnes dans 18 pays.
Qualité méthodologique et classification des preuves
La qualité des publications incluses a été évaluée à l'aide de l'outil ROBIS (Risk of Bias in Systematic Review) et d'un cadre de classification des preuves allant de la classe I (preuves fortes) à la classe IV (preuves faibles).
Les analyses se sont concentrées sur deux questions principales. Premièrement, à quelle fréquence les symptômes d’ON sont-ils signalés ? Deuxièmement, quels traits psychologiques sont statistiquement associés à l’ON ?
Estimations de la prévalence dans les groupes de population
L'examen a révélé une variabilité significative entre les estimations de prévalence, en grande partie due à l'hétérogénéité méthodologique, notamment aux différences dans la conception des études et les outils de diagnostic. Malgré ces limites, plusieurs tendances cohérentes ont émergé.
La prévalence regroupée des symptômes de l'ON a été estimée à 27,5 pour cent, avec un intervalle de confiance à 95 pour cent de 23,5 à 31,6 pour cent. Contrairement aux hypothèses précédentes selon lesquelles les troubles de l'alimentation affectent de manière disproportionnée les femmes, la plus grande méta-analyse incluse n'a trouvé aucune différence statistiquement significative entre les femmes (34,6 %) et les hommes (32,1 %).
La prévalence variait selon les sous-groupes. Les personnes qui se concentraient sur les performances sportives ou la composition corporelle présentaient la prévalence la plus élevée observée, soit 34,5 pour cent, bien que les différences entre les types de population ne soient pas statistiquement significatives. Une tendance temporelle non significative vers une prévalence plus élevée a également été observée, les études menées entre 2020 et 2023 rapportant généralement des estimations plus élevées que les études précédentes.
Caractéristiques psychologiques associées à ON
L'examen a confirmé des associations significatives entre l'ON et plusieurs traits psychologiques.
Les mesures des symptômes des troubles de l'alimentation ont montré une association modérée avec l'ON, avec une corrélation globale de r = 0,36, suggérant un chevauchement partiel avec les troubles de l'alimentation traditionnels.
Les symptômes obsessionnels compulsifs étaient également significativement associés à l'ON, r = 0,25. Lorsque les analyses ont été limitées aux études utilisant des outils de diagnostic plus récents développés après 2016, cette association s'est renforcée à r = 0,40, confortant l'hypothèse selon laquelle l'ON implique des comportements alimentaires rigides et ritualisés.
Le perfectionnisme était un prédicteur significatif de ON, r = 0,27, motivé principalement par des aspirations perfectionnistes plutôt que par des préoccupations perfectionnistes. Contrairement à l’anorexie mentale, où le perfectionnisme se concentre souvent sur le poids, le perfectionnisme lié à l’ON semble se concentrer sur une bonne nutrition.
L’exercice a montré des connexions variables. L'exercice général était faiblement corrélé à l'ON (r = 0,12), alors que l'exercice compulsif ou addictif avait une association plus forte (r = 0,29).
Implications cliniques et de recherche
Cette revue globale montre que les symptômes de l'ON sont courants, en particulier dans les populations axées sur la condition physique. Les résultats s'inscrivent dans un spectre psychiatrique et partagent des similitudes avec le trouble obsessionnel-compulsif et l'anorexie mentale, mais diffèrent en outre par l'accent mis sur la pureté des aliments plutôt que sur la perte de poids.
La plupart des preuves ont été classées comme suggestives de classe III, avec certains corrélats, notamment les traits obsessionnels-compulsifs et le perfectionnisme, classés dans la classe II et hautement suggestifs. La forte hétérogénéité statistique entre les études a limité la capacité de tirer des conclusions plus significatives. Ces résultats mettent en évidence le besoin urgent de critères de diagnostic standardisés, d’outils de dépistage validés et de modèles d’études longitudinales.
Sources :
- Moccia, L., et al. (2025). Understanding Orthorexia Nervosa: A systematic review of meta-analytical findings. Current Nutrition Reports, 14(1). DOI: 10.1007/s13668-025-00714-4, https://link.springer.com/article/10.1007/s13668-025-00714-4